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Êtes-vous
satisfaite de l’accueil que le public a
réservé à votre livre
précédent, Les
trésors du temple ?
J’en
suis plutôt satisfaite. Je mets en
général des clefs dans mes livres mais
là j’avoue que je n’ai pas eu beaucoup
de discussions avec les lecteurs sur celles qui ont
été mises dans ce livre. Je trouve cela un peu
frustrant car cela donne l’impression que les lectures sont
superficielles.
Pour
en venir à Mon père ,
c’est un livre qui donne l’impression de venir du
fond de vous …
Certainement.
Pendant longtemps j’ai pris des notes en pensant à
une publication, j’ai décidé ensuite
d’en faire un livre. L’idée de ce roman
vient des relations que j’ai entretenues avec mon
père. J’ai des rapports très forts avec
mon père qui est enseignant. Il a été
mon maître, c’est donc cette relation de
maître à disciple qui m’a
donné envie de construire quelque chose sur les rapports
fille et père.
Se
préparer à la mort de ses parents est-il quelque
chose d’essentiel pour mieux gérer ces
rapports ?
Dès
l’enfance, je crois que l’on se prépare
à la mort de ses parents. C’est bizarre parce que
cela reste aussi impensable quand on grandit que lorsqu'on
était petit et que l’on ignore ce que
représente la mort et on n’y croit pas. Tout cet
univers reste abstrait.
Il
y a malgré tout le refus de l’oublie lorsque l'on
perd des parents avec qui l'on était très
lié…
Absolument.
Dans mon livre, l’héroïne vit un
dépression à cause de
l’amnésie dont elle souffre. Elle ne se souvient
plus de rien. C’est le rappel de tout ce qui c’est
passé dans cette relation avec son père qui va
lui permettre de sortir de cette dépression.
Les
rapports père et filles sont assez particuliers mais
l’on en parle beaucoup moins que les rapports mère
filles …
On
parle beaucoup des relations mère et fille ou
mère et fils mais on évoque beaucoup moins les
rapports père et fille. Je crois que la relation
père et fille est très importante car en plus du
coté affectif il y a l’entrée dans le
langage, la loi. Cela détermine tout un univers particulier
pour une fille. Je pense que, comme modèle, il est
très difficile de sortir de cette relation.
Votre
personnage principal se culpabilise de l’échec de
la vie de son père…
C’est
le fond du livre. Elle porte la culpabilité de
l’échec de la vie de son père. Je pense
que c’est vrai, les enfants sont là pour
réparer les fautes des parents.
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Même s’ils ne le savent
pas, il portent en eux et dans leur vie, l’histoire de leurs
parents depuis le passé.
Qu’est-ce
qui vous révolte le plus dans la vie ?
La
pauvreté et la misère dans le monde. Le fait que
l’on ait du mal à recevoir en France des gens dits
sans papiers me révolte aussi.
Ce
qui vous émeut le plus dans la vie ?
La
relation humaine.
Que
pensez-vous de la situation au Proche- Orient ?
C’est
terrible, très triste et inquiétant car on ne
voit pas d’issue proche. J’en suis très
inquiète.
Comment
se passe une journée de travail d’Eliette
Abécassis ?
Je
me lève en général vers 9h et je
travail jusqu’en fin d’après-midi.
Avez-vous
des moments particuliers pour écrire ?
J’écris
maintenant dans la journée. Il y a encore quelques temps
j’écrivais beaucoup dans la nuit. J’ai
changé mon rythme et j’écris toute la
journée. Quand je suis en période
d’écriture, je ne fais que ça, je ne
peux en sortir car cela peut me faire perdre le fil de
l’histoire. Je suis happée par ce que
j’écris jusqu’au moment où
j’ai l’impression que les personnages du livre
deviennent réels.
Pendant
votre période d’écriture,
votre quotidien, votre entourage ou l’environnement
médiatique ont-ils une incidence sur l’histoire
que vous racontez ?
Oui,
tout à fait. Dans Le trésor du temple
j’évoque la question du fanatisme musulman
à travers une secte. Cela était
évidemment lié à une fraîche
actualité. Je m’inspire constamment de ce qui
anime mon quotidien en terme de faits, d’informations et
d’actualités.

Quel
est le dernier livre qui vous ait marqué ?
Les
Misérables de Victor Hugo que
j’ai relu récemment.
Que
souhaiteriez-vous que le lecteur retienne de Mon
père ?
Je
ne tiens pas forcément à ce qu’il
retienne quelque chose mais qu’il soit ému.
C’est vraiment ce que j’ai cherché
à faire avec Mon père, et
s’il doit retenir quelque chose c’est
d’éviter de passer à
côté de sa vie.
Recueillis par N. A.
(sept. 2002)
Mon
père Ed. albin
michel
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